« LA NATION FRACTUREE » : COMMENT RETROUVER LES VALEURS QUI FONT LA FRANCE ?

En introduction, Stéphane Piednoir, Président de la fédération, présente Barbara Lefebvre et met l’accent sur les deux derniers livres qu’elle a produits : « Génération j’ai le droit » et « C’est ça la France … ». Il propose d’aborder quatre thèmes en commençant par le délitement de l’Education nationale, qui lui paraît central. Puis d’évoquer le thème de la Nation, cher à l’auteure, à partir des symboles qui la représentent et leur délaissement généralisé, le glissement vers le communautarisme et enfin les craintes que suscitent l’islam politique.

Barbara Lefebvre, qui est enseignante, pose un regard sévère sur l’Education nationale. Elle a envie de lancer un SOS pour une France en détresse. Pour elle, dans la France d’aujourd’hui, tout est à réparer et à reconstruire. L’enseignement est la base et cite Charles Péguy qui disait déjà : « La société moderne a atomisé l’individu. Elle a tourné le dos à l’enseignement » … La mission de l’école était de permettre l’émancipation de chacun par les savoirs. C’est ce qui permettait de ne pas être assigné à une condition sociale. Pour Péguy : « apprendre à lire, écrire, compter, c’est la base de tout ». Autrement dit, l’école ne doit pas être le lieu de transmission d’une idéologie, ce que le mot « éducation » signifie en réalité. Sauf que « l’éducation » se fait au détriment de « l’instruction ». Elle identifie deux maux de notre époque :
-  La tyrannie du « je ». Nous sommes dans une société hyper individualiste, on l’on exige des droits avant les devoirs, en oubliant l’intérêt général. Elle se caractérise par le refus de l’autorité. Dans ce contexte enseigner devient quasiment virtuel.
-  La déconstruction de la culture et des savoirs (littérature et histoire notamment). Les programmes sont vidés de leur substance (ex de l’Histoire de France au XIXème s. complètement sabordée). Le vide créé est une cible pour les idéologies qu’on retrouve dans les programmes. On promeut l’école de la distraction. Le lien avec le passé est rompu. On a des générations « autoengendrées ».

Il faut rétablir les fondamentaux culturels, il est nécessaire de renouer le lien. C’est encore possible.

Concernant les symboles de la nation, Barbara Lefèbvre insiste sur le rôle des mythes fondateurs, pour une histoire multiséculaire continue, avec ses héros, une langue, des œuvres culturelles remarquables, des lieux de mémoire, des traditions populaires et des paysages emblématiques. Il ne peut y avoir une communauté nationale sans le partage de ce qui en fait la substance. Le glissement vers le communautarisme commence avec la récusation du roman national. Elle évoque le rôle du politique et l’importance du culturel qui fondent le bien commun et la citoyenneté. L’identité citoyenne, parce qu’elle est au-dessus de toutes les autres, est le ciment de la nation parce qu’elle permet à la communauté nationale de s’affirmer en respectant les différences. Le communautarisme s’est construit au contraire sur le droit à la différence. L’imaginaire français n’est pas ethnique. L’identité laïque est la garantie des identités particulières. Voilà pourquoi pour les mouvements fréro-salafistes, il faut l’abattre. Pour cela il faut craindre davantage l’entrisme qu’ils pratiquent plus que l’émergence de listes promues par les démocrates musulmans. La vigilance citoyenne est plus utile dans la surveillance des listes électorales banalisées.

En conclusion, il faut réparer pour pouvoir se projeter. Les deux piliers d’un projet politique.

Les questions de la salle permettent de préciser l’exposé.


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